La vie devant soi

Author: Gary, Romain

Subject: Littérature Française

Publisher: Atelier Panik - Blog de Patbus (2013-05-04)

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La vie devant soi ebook cover

Momo, petit garçon arabe, habite chez Madame Rosa, ex-prostituée désormais âgée qui s’occupe des « enfants de pute », ces mômes dont la mère est prostituée ou le père proxénète, et qui courent des risques à barboter dans le milieu de la nuit. Madame Rosa est la seule mère de Momo, lui-même le plus grand et le « doyen » des enfants qu’elle a chez elle. Une véritable histoire d’amour et un lien fusionnel se créent entre la vieille dame et le jeune Arabe. Mais voilà, Madame Rosa est âgée, la mort s’approche, et elle ne veut pas mourir à l’hôpital. C’est à Momo de faire en sorte qu’elle puisse finir dignement sa vie, sans avoir à traîner sa « grosse carcasse » sur un brancard de l’hôpital, et ce six étages durant… Momo raconte donc sa vie chez Madame Rosa, où la prostitution, les enfants de pute et la peur des nazis (Madame Rosa, juive, a subi les camps de la mort) sont des sujets quotidiens. On s’attache très rapidement aux deux personnages principaux et à leur vie. Le langage enfantin et coloré de Momo est plein de poésie et de vérité, celle-là même qui ne sort que de la bouche des enfants.Gary, sous le pseudonyme d’Emile Ajar, s’intéresse donc à ce fichu sixième étage où crèche Madame Rosa, fichu sixième étage car il n’y a pas d’ascenseur et que Madame Rosa peine à se déplacer dans les escaliers. Les craintes de Madame Rosa (les nazis, l’Assistance Publique, les proxénètes) et celles de Momo (sa mère, ses rêves, la mort de Madame Rosa) se superposent dans une histoire où chacun aide l’autre à vivre. Les mots d’enfant de Momo sont plein de bon sens et ses maximes mériteraient une petite anthologie. Le jeune Arabe pique des idées et des expressions ça et là, sa langue imagée rend le roman plus vif et plus beau, à l’image de Zazie, personnage de Queneau né en 1959. Car malgré les bas-fonds et l’aspect sordide de tout ce petit quartier où voyous et putes traînent, il y règne autre chose qu’un racisme ou qu’une violence exacerbés. Français, black et beurs cohabitent plus ou moins bien, et Madame Rosa est l’emblème de cette vie riche et colorée : même tout là-haut, dans sa tour d’ivoire, elle donne de l’amour et quelques claques à des gosses paumés qui, à l’image de Momo, ne sont pas loin d’être plus intelligents que la majorité des adultes.

 L'Ajar fait bien les choses!

 

Il était une fois un auteur au crépuscule de sa vie qui avait bien de la peine a tenir la promesse de l'aube... Connu comme le loup blanc, son ticket ne serait bientôt plus valable. 

 

C'est bien simple, qu'il sorte un nouveau livre et paf, la clique germano-pratine y allait de ses « Bof, Mmoui, meuh non! Burp, encore lui!?!» Ça le chagrinait pas qu'un peu notre homme... Une fois, deux fois, il a mis un autre masque : Shatan Bogat, Fausto Sinibaldi... Mais les livres ne se vendait guère... Alors, bas les masques, Notre Roman redevenait Romain, le loup Gary...

Là, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, tout seul dans son coin, il se fit un Gros-Câlin... Et hop, à la poste via les antipodes tropicales, le serpent-python atterrit au Mercure de France. L'opus démangea les professionnels de la profession qui, comme d'hab′, acolèrent la bel ouvrage sur le dos de Raymond la Science... Mais que non Queneau, c'était pas lui! Et hop, un Grantécrivain nous est donné avec toute la vie devant soi... 

Goncourisé, le canular s'officialise. Ajar, c'est donc Paul Pawlovitch neveu de cette vieille baderne de Gary. Le feu couve sous la braise. Gary en russe, ça brûle. L'Ajar, chez les mêmes cosaques, c'est la braise. Le neveu se prend pour le Tonton et le Tonton Macoute va faire pseudo-pseudo. Et jouer au chat et à la souris. Il faut une fois encore baisser le masque, mais crainte du scandale?, lassitude?, ou volonté de voir jusqu'où il peut aller trop loin, Gary publie Clair de Femme et Ajar Pseudo. La machine s'emballe, le neveu, le tonton, le fisc, tout s'emmêle et s'en mêle encore.

 

Viendra encore L'Angoisse du Roi Salomon. Mais le cœur n'y est décidemment plus. Il met un point final le 2 décembre 1980 d'une balle de revolver Smith & Wesson, de type. 38 spécial 2 pouces dans la bouche. En laissant un dernier message : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. »  

 
Voici donc les quatres livres d'Émile Ajar en version enrichie : 
 
Pour Gros-Câlin, une e-dition avec une fin alternative qui ne parut pas à l'époque parce que trop écolo pour l'éditeur. 
 
Pour La vie devant soi, le début d'un dossier de ce qu'on appellera L'affaire Ajar et une présentation de Mireille Saccotte qui a assuré l'édition du volume en Gary pour la collection Quarto.
 
Pour ce texte superbe qu'est Pseudo,  il est accompagné de la suite et fin de L'Affaire Ajar. Et d'un texte de Gary, Vie et mort d'Émile Ajar paru précipitamment dans l'Express lorsque Pawlowitch s'est cru Ajar. Un texte essentiel pour comprendre le jeu de masques de Romain Kacew.
 
Pour L'Angoisse du Roi Salomon, il y a une entretien d'Émile Ajar/Paul Pawlowitch avec Yvonne Baby du Monde.à Copenhague en 1975.

Le tout en un seul envoi, un Quadripack d'Ajar...
 

Bonne lecture !Â